Inceste

Que signifie l’inceste ?

En Latin « incastus » signifie non chaste, d'où provient le mot « incestueux ».

Les viols et les agressions sexuelles sont qualifiés d'incestueux lorsqu'ils sont commis au sein de la famille, sur la personne d'un mineur par un ascendant, un frère, une sœur ou par toute autre personne, y compris par un concubin ou un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. (JORF n°0033 du 9 février 2010 page 2265)

Depuis seulement quelques décennies l’importance de l’inceste et les conséquences sont prises en compte.  L'inceste existait déjà dans l'Egypte ancienne, chez les Grecs et les Romains.

Il a été démontré par des tests ADN qu’il existait chez les Egyptiens très peu de variations entre les ADN détectés dans le matériel génétique des momies.  Chez les Grecs et les Romains l’inceste était interdit, mais l'histoire montre qu’il existait réellement.

La Bible montre également qu’au début, l’inceste avait une grande place dans l’évolution de l’être humain.  L'humanité est née d'Adam et Eve. Mais si l'humanité est née d'Adam et Eve il doit y avoir eu des relations incestueuses.

Jusqu'au siècle dernier, la victime était jugée coupable et condamnée après des relations incestueuses (même forcées),  car l’inceste était considéré comme une forme d'adultère.

A la fin du 19e et début du 20e siècle, dans les familles nombreuses il était commun d’être logé dans des petites habitations. Ces familles n'avaient pas assez de place et les chambres où les enfants dormaient ensemble, favorisant ainsi l’inceste.

La menace de développer une progéniture plus forte, à donné lieu à l’interdiction de l’inceste à une certaine époque.

L'inceste peut se traduire :

  • Par le viol. Le viol est tout acte de pénétration par voie orale, anale ou vaginale imposée par l'agresseur en utilisant son propre corps, doigt, pénis ou par l'utilisation d'un objet.
  • Par une agression sexuelle, c'est-à-dire, imposer à l'enfant de toucher, embrasser le corps de l'agresseur.
  • Par l'exhibition sexuelle, visionner des films pornographiques avec son enfant, de faire l'amour avec d'autres adultes devant l'enfant, tenir des propos à caractère sexuel.
  • Par des relations extrêmement fusionnelles, l'agresseur assouvit ses pulsions par des décalottages fréquents, lavage et la toilette intime à répétitions des petites filles.

Les abus sexuels interfamiliaux se caractérisent par un abus de pouvoir, une trahison. Le lien entre l'agresseur et la victime est souvent caractérisé par une dépendance affective et matérielle, impliquant la victime dans un conflit de loyauté.

La confusion des enfants par rapport à l’inceste existe surtout au début, tout ressemble à un jeu, bien intentionné et innocent.

D'un certain point de vu, le délinquant à deux vies.  L’une « visible » et l’autre « invisible ».

Les auteurs prétendent souvent qu'ils ont respecté l'enfant. L’enfant n’ayant pas clairement dit NON, ils ne ce sont pas arrêtés. Ils estiment ne pas avoir obligé l’enfant.

L'enfant victime devient un objet sexuel pour l'agresseur qui cherche à assouvir ses fantasmes sexuels. Des fantasmes que l'agresseur est incapable de partager avec d'autres adultes. En tant qu’adulte, l’inceste est traduit comme un meurtre sans cadavre, un meurtre psychique par la création d’une confusion totale dans l'esprit de l'enfant entre amour et sexualité.

L'enfant victime d'abus sexuels grandit trop vite dans un rôle qui n’est pas le sien. L'enfant joue le rôle d'un adulte consentant. L'enfant pour échapper aux douleurs, à la honte, à la culpabilité, provoquera la dissociation pour se protéger. La dissociation se traduit par ce phénomène qui consiste à sortir de soi-même, de se voir voler au plafond en contemplant son propre corps resté sur le lit. Cette dissociation est un mécanisme de défense et provoque l'oubli total des faits. C'est une des raisons pour laquelle une victime devenue adulte n'a plus aucun souvenir des abus sexuels subis.

La recherche montre que la plupart des victimes d’inceste souffrent de traumatismes très graves, car les abuseurs vont souvent plus loin dans leurs activités sexuelles.  Ils abusent des enfants souvent plus longtemps et utilisent plus de violences que d'autres agresseurs sexuels.

Presque à chaque fois, les gens sont choqués quand ils entendent que l'inceste a eu lieu dans leur quartier, sans qu’ils aient remarqué quelque chose.  Cela peut en partie s'expliquer par la manipulation et le chantage, utilisés par l’auteur pour s'assurer que la victime ne dévoile pas le secret. Une autre partie peut être expliquée par la forte dépendance à la famille. 

La mère serait souvent au courant de l'inceste, mais elle est apparemment incapable de se séparer émotionnellement ou économiquement de son mari.  Elle se sent complètement dépendante.  Parfois il semble que les personnes d'une famille où l'inceste a lieu, se protègent les uns des autres et du monde extérieur. 

Dans de tels cas on peut parler d'un «secret de famille ».  Ceci  pour s'assurer que le monde extérieur ne découvrira jamais le secret.  Les signaux sur la façon de traiter le secret sont transférés inconsciemment aux membres.  Tous restent fidèles les uns aux autres et on peut croire que la famille est unique, précieuse et soudée.

Cela permet de gérer et de maintenir le niveau d'anxiété au sein de la famille.  Pour la victime il est très difficile de se libérer de cette famille « soudée » en apparence, elle aura besoin de beaucoup de courage et de détermination pour y arriver. Elle met parfois des années avant de pouvoir se défaire de ces liens.

La famille incestueuse exclut neuf fois sur 10 la victime qui révèle l'inceste et préfère garder l'auteur dans la famille.

Signaux

Beaucoup d'enfants donnent des signaux qui indiquent qu'il peut y avoir un abus sexuel.  L'enfant a des douleurs abdominales sans raison apparente, perte d'appétit ou des troubles alimentaires, troubles du sommeil, la peur de certaines personnes ou certains lieux ou des changements brusques de l'humeur. Il arrive aussi que l'enfant recommence à mouiller son lit, sucer son pouce ou a des comportements sexuels inappropriés pour son âge.

Des études montrent que les pères qui commettent l'inceste, sont souvent autoritaires.  Parfois, ils utilisent la violence physique au sein de la famille.  Le père s'efforce de mettre toute la famille sous contrôle et aura toujours le dernier mot. Il préfère ne pas déléguer de sa responsabilité à un autre membre de sa famille.

Une des conséquences pour ceux qui ont comme exemple un père autoritaire et/ou violent et une mère qui obéit à son mari, est que beaucoup auront des difficultés à traiter leur partenaire et leurs propres enfants de façon différente.  Des bonnes thérapies peuvent aider à briser cette chaine qui est transmis souvent d’une génération à l’autre.

Dans de nombreuses familles la fille ainée prend elle-même le rôle de parent  lorsque c’est elle qui subi l'inceste.  Progressivement l'enfant va non seulement effectuer des taches familiales, mais aussi prendre des responsabilités et devient parent de substitution.

Les rapports avec les frères et sœurs deviennent difficiles. Elle se sent pousser dans le rôle de mère et se sent responsable du bien-être de chacun. L'enfant va construire sa conscience de soi autour de cette responsabilité pour les autres.  Finalement l'enfant a le sentiment de n’avoir plus aucun droit en dehors d’être juste enfant.

Ceci arrive également si l’enfant est maltraité psychologiquement et/ou physiquement par la mère ou si un des frères ou sœurs abuse sexuellement de l’enfant.

D’un autre côté, il y a la rivalité des autres enfants qui sont jaloux de l'attention que le père porte à l’égard de la sœur.  Cela peut conduire à un sentiment d'abandon. 

Les enfants accusent souvent la mère.  Ils lui reprochent de ne pas avoir su les protéger (suffisamment).  Même consciente des abus la mère n'a pas protégé son enfant.  Elle n'a pas voulu écouter, malgré les nombreux signaux envoyés.

Selon des études, une partie des mères ont été au courant de l'inceste.  Une autre partie aurait pu l’être mais ont estimé que les signaux envoyés n'étaient pas graves.  Elles n'ont pas voulu ou pas su entendre.

Selon des chercheurs, l’inceste avec un frère (aîné), est commun. Et ce, sous toutes ses formes.  Un garçon de 16 ans qui expérimente  avec sa sœur de  13 ans ou un garçon de 18 ans qui a des problèmes relationnels (sexuels) avec des personnes de son âge et qui contraint sa sœur à accomplir des actes sexuels.

Dans une famille saine, les parents identifient rapidement le problème et sont les seuls à pouvoir y mettre fin.  Dans une famille incestueuse où les membres ne partagent pas les problèmes familiaux, l'inceste avec un frère aîné est très agressif et peut durer des années.

Le frère, qui, par son incapacité à partager l'intimité sexuelle avec une fille de son âge, oblige sa sœur à une relation sexuelle agressive, intimidante et humiliante.  Surtout l'humiliation et l'agression perturbent la croissance vers une identité d'adulte saine de la fille. 

En bref, l'inceste est le résultat d’un dysfonctionnement familial.  La perception de l'agression et l'humiliation infligées par leur père ou leur frère est le ressenti primaire des enfants avec des expériences incestueuses.

Les conséquences de l'inceste

Un enfant abusé sexuellement ne peut pas développer une estime de soi saine.  L'enfant se sent davantage responsable pour les autres que pour lui-même.

En ce qui concerne l’inceste frère/sœur, les conséquences sont d’autant plus présentes, car l'agresseur et les deux parents étaient censés protéger l'enfant. Puis, quand le reste de la famille et les parents refusent de croire l'histoire, en prétextant que c’était un jeu d’enfant, le sentiment de rejet est total.  L'enfant perçoit le refus de croire à son histoire, comme le rejet de sa propre personne.

Les expériences vécues, faites de menaces, de violence physique, de violence psychologique et de violence sexuelle peuvent intimider l’enfant pour le restant de sa vie.

En ce qui concerne le viol père-fille, l'enfant se sent rejeté en tant que personne par son père et ignoré, repoussé par sa mère qui aurait du la protéger contre cette pratique.  En outre, il arrive souvent que la mère dans ce cas, ne croira pas du tout l'histoire de sa fille, ou seulement partiellement.

L'enfant attendait et espérait la protection des parents.  Les deux parents croiront généralement le fils (abuseur), mais pas la fille (abusée).  Elle est considérée comme une menteuse, une mythomane. La victime peut être accusée d’avoir provoqué la situation, ou qu'elle exagère, qu’elle met la position sociale du «suspect» en danger par ses histoires. 

La relation sexuelle forcée est tellement effrayante, que l'enfant la vit comme si elle était entraînée dans un puits sans fond.  Le rejet de l'enfant en tant que personne peut mener à l'isolement.  Par ailleurs, l'enfant abusé sexuellement aurait beaucoup de difficultés à se développer.

Parfois, on parle même de régression, comme par exemple, recommencer à sucer le pouce.  Par ailleurs, il est possible qu’à l'école rien ne se passe bien, l'enfant va présenter des comportements à risque et/ou d’automutilation. Bien sûr, l’enfant peut contracter une maladie sexuellement transmissible ou une grossesse à cause de l'inceste.

Suite aux abus sexuels, l’enfant refoule ces propres émotions et sa propre sexualité.  Les relations avec son partenaire deviennent difficiles, les relations sexuelles impossibles suite à un sentiment de dégout, de peur, de honte et de culpabilité. Surtout si son corps au moment des faits l’a trahi. Son corps contre son gré a éprouvé du plaisir. Un mécanisme normal mais mal connu et peu évoqué, qui jette l’enfant abusé dans une honte et culpabilité sans limite.

Certaines femmes trouvent la satisfaction dans des relations superficielles ou l’attachement ne joue pas de rôle.  Les relations se terminent au moment ou des sentiments entrent dans la relation.  Une femme abusée sexuellement dans sa jeunesse peut devenir une personne prostituée.  La sexualité est déconnectée des sentiments d'affection et de respect d'autrui. Ceci peut aussi être vu comme une stratégie de fuite.

L'impact de l'inceste à long terme

Les effets à long terme de l'inceste sont des difficultés dans les relations sexuelles.  Les problèmes se composent généralement d'une aversion pour la sexualité.

D'autres problèmes peuvent être :

•             la dépression,

•             la solitude,

•             se sentir isolé,

•             peu d’estime de soi,

•             la culpabilité

•             la honte

•             redevenir victime de sévices sexuels ou autre violences.

•             Les dépendances (alcool, drogues, médicaments).

•             Problèmes relationnels (professionnels et amicaux).

Dans leur jeunesse, les victimes d'inceste se sentent trahies par le père ou le frère qui a abusé sexuellement d'elles ou par la mère qui ne les a pas protégées contre les abus sexuels.

Une conséquence de cela peut être la crainte que l'intimité ne soit qu’abus et/ou déception.  Quand une femme abusée dans son enfance, commence une relation, la crainte d'abus et d'humiliation associée à une relation intime avec un partenaire, peut être si forte, qu’elle ne parvient pas à être vraiment intime avec quelqu'un. La peur d’être à nouveau abandonnée, comme dans le passé par le père ou la mère peut détruire toutes relations.

En outre, les femmes qui ont été sexuellement maltraitées dans leur enfance n’ont pas pu développer  les qualités nécessaires dans les relations personnelles afin qu'elles puissent se défendre. Elles redeviennent des proies faciles pour les hommes violents et manipulateurs.

La recherche montre que la femme qui dans sa jeunesse a été abusée sexuellement devient, par cette expérience, passive et insensée. Elle estime être sans valeur. Elle tolère sans se rebeller des nouvelles  situations d'abus, de négligence, de violence et d'humiliation.  C'est pour elle une situation "normale".

Ainsi, les sentiments de culpabilité, de honte et d'isolement, la méfiance des autres sont renforcés. 

C'est seulement lorsqu’elle se rend compte à quel point les choses peuvent être différentes qu’elle peut éventuellement s’en sortir.

Le garçon victime d'inceste et d’abus sexuel

Les garçons peuvent être victimes d'inceste. Aujourd’hui on estime qu'une personne sur quatre abusée est un garçon. 78 % ont entre six et 18 ans.

Les conséquences des abus sexuels sur les garçons sont énormes. Aux mêmes conséquences que celles vécues par la fille, s’ajoute pour le garçon l’impact de l’image de l’homme véhiculée par notre société. Malgré cette image “les vrais hommes sont forts”, le garçon développe un sentiment de peur, de honte, et de confusion.  Les garçons abusés se posent souvent des questions sur l’homosexualité, un sentiment confus, qu’ils ne sachent pas ou ne peuvent pas placer.

Le tabou qui règne pour le garçon autour des abus sexuels l’isole de plus en plus.

Si un garçon victime ose faire le pas et  porter l’affaire devant le grand public ou la famille, il se heurte souvent aux préjugés, un homme n’est pas victime mais agresseur.

La peur des garçons est que suite aux abus sexuels il ne serait plus “un vrai homme”. On dit “les vrais hommes ne deviennent pas victimes” ou “les garçons ne pleurent pas”.

N’oublions pas que nous parlons ici des garçons/enfants et pas de l’homme adulte. Un petit garçon est aussi vulnérable devant les adultes, les grands-frères, grandes-sœurs que les petites filles.

N’oublions pas non plus qu’environ 2% des victimes d’abus sexuels reproduisent les abus en tant qu’adultes. Il y a donc beaucoup plus de victimes qui ne reproduisent pas le mal qui leur a été infligé, 98%.

Les chiffres donnés par certaines statistiques ne sont pas corrects car ils comprennent également ceux des agresseurs jugés devant nos tribunaux, se disant avoir été victimes d’abus sexuels et/ou maltraitances dans leur enfance.

Pourtant, ces agresseurs savent pourquoi ils prétendent avoir été victimes d’abus sexuels dans l’enfance. Cette raison leur fait bénéficier de circonstances atténuantes. Des circonstances atténuantes pour des actes de barbarie et des crimes contre l’humanité, qu’ils ont produits contre leur victime ?

Pendant ce temps la victime est considérée comme coupable et est obligée de prouver son innocence et son état de victime !

N’est ce pas le monde à l’envers ?

 

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