Mohamed Douhane - La Violence des mineurs

Les vacances sont passées, pour SanViolentine aussi c’est la rentrée ! Ce troisième café/débat organisé le mercredi 22 septembre aura, comme pour les autres, atteint ses objectifs et satisfait nos espoirs.

Après avoir préparé la salle du café Jehanne d’Arc, nous nous hâtons vers la gare pour accueillir Monsieur Mohamed Douhane. Nous disposons de 10 minutes, pas de temps à perdre ! La circulation est dense et les minutes s’écoulent toujours trop rapidement alors que nous approchons de la gare. Arrivé sur le parking, je m’extirpe du véhicule avec une dextérité et une souplesse que je croyais définitivement perdues mais en l’occurrence, imposées par le temps. Frieke pendant ce temps gare la voiture et téléphone à Mohamed. J’arrive sur le quai, passe devant lui sans le reconnaître, même si cinq minutes plus tôt je déclarais à Frieke « aucun problème, je le reconnaîtrai facilement ! ». En fait, c’est lui qui m’a identifié le premier, expérience professionnelle sans doute.

Mohamed que nous accueillons pour la première fois est, comme nous, heureux de cette rencontre. Comme nous nous y attendions, nous le trouvons particulièrement sympathique, simple et accessible. Nous discutons de son métier, de notre association, du débat de ce soir sur le chemin qui nous conduit au café. Nous sommes ravis de le rencontrer enfin, sentiment tout à fait réciproque.

Il fait beau. C’est en harmonie avec les dernières chaleurs d’un été moribond et aux couleurs déjà automnales  que nous nous installons sur la terrasse du café pour manger quelque chose.

Nous parlons de tout, Mohamed, homme très cultivé, possède un regard très réaliste sur notre société. Les racines historiques d’un peuple sont très importantes pour comprendre et expliquer beaucoup de choses. Un chemin important vers la tolérance et pour comprendre. On parle aussi de Jeanne d’Arc et de son histoire très controversée.

Enfin, c’est l’heure. Mohamed découvre la petite salle voûtée et s’installe avec Frieke, face au public. Une première personne arrive, rapidement suivie par d’autres. Une petite vingtaine en tout. Vers 20h15 Frieke ouvre la soirée en présentant l’association et le thème du débat. Elle présente également Mohamed Douhane qui prend la parole à son tour. Il commence par remettre quelques termes au point. Nous devons par exemple faire la différence entre les « jeunes » et les « mineurs ». Le mineur en fait n’est qu’une conception juridique (moins de 18 ans) tandis que le jeune, attribué au langage courant a un sens beaucoup plus large. Il débute son intervention par les violences urbaines avant de faire un tour complet sur les violences des mineurs. Son discours est précis, largement illustré de chiffres qui apportent un éclairage très précis et objectif. Fort de son expérience de terrain, Mohamed capte de façon quasi immédiate l’attention du public, l’assemblée est très réceptive. Son exposé est intelligemment construit, thème par thème, de la violence aux explications que l’on peut en donner sans oublier la violence sexuelle.

Au-delà du constat, Mohamed tente aussi d’apporter des explications sur l’évolution de la violence, nous parle des moyens parfois mal adaptés pour y faire face et apporte des idées, des pistes de réflexions pour lutter contre ce problème.

Depuis Napoléon 1er, le nombre de magistrats en France n’a pratiquement pas évolué, alors que le nombre de contentieux a été multiplié par 10 ! Un exemple parmi des

 dizaines d’autres, apporté par Mohamed, qui permet au public d’accéder à un regard réaliste sur notre société.

Après une heure d’exposé, la parole est donnée au public. Pour lancer le débat Frieke pose une première question. Je m’y colle aussi et le public suit progressivement. Beaucoup vont participer, parfois on peut même sentir une réelle passion par rapport au thème abordé, preuve que beaucoup se sentent directement concernés. Le débat est intéressant, mis à part l’intervention d’une personne pas tout à fait comme les autres (voir plus bas).

Après une autre petite heure d’échanges avec le public, Frieke clôture le débat et propose de nous retrouver dans le bar devant un café. Mohamed et Frieke restent entourés de plusieurs personnes (certaines devenues des fidèles de nos cafés/débats) et les discutions se poursuivent ainsi dans une grande convivialité. Chacun nous fait part de sa grande satisfaction (sauf une personne, toujours à voir plus bas).

Il est passé minuit lorsque nous nous séparons les uns et les autres. Un peu triste de laisser repartir Mohamed Douhane. Entre lui et nous le courant est tout de suite passé merveilleusement bien.

Superbe public ce soir-là….excepté une personne !

Je comprends aujourd’hui que certains grands chercheurs aient pu envisager que la vie vienne d’ailleurs ! C’est sur, cette dame que nous appellerons Mme DH (voir plus loin) doit trouver ses origines bien au-delà de notre Système Solaire.

Le nuage neuronal du cerveau de Mme DH qui pourrait servir de cas d’école dans l’explication sur l’entropie d’un système devenu incontrôlable peut expliquer ce qui va suivre.

Mme DH commence par entamer un discours juridique en contradiction avec Mohamed qui avec beaucoup de politesse, mais de fermeté remet les choses là où elles doivent être. J’imagine qu’alors elle a du se dire « j’ai perdu une bataille mais pas la guerre ». Après quelques minutes de profonde méditation elle revient à la charge prête à s’abattre sur sa proie, tel un fauve sur la pauvre et fragile antilope. En effet, elle ne tarde pas à demander la tendance politique du syndicat auquel appartient Mohamed. Frieke lui explique que la politique n’est pas notre objectif. Outrée, elle ne comprend pas ce qu’elle fait là si nous ne souhaitons pas politiser le débat. Elle est à nouveau sur sa fin. En fin stratège qu’elle est, elle replonge à nouveau dans un plan d’attaque diabolique. Cette fois pas question de se faire avoir, il faut coûte que coûte frapper fort. Perchée dans les limbes vaporeux des évanescences tourmentées de l’imbécillité humaine, son imagination burlesque va pouvoir enfin s’affirmer.

Mohamed exprime (tout à fait en marge de son exposé clair et objectif) la possibilité de réfléchir sur la blouse à l’école. Peut-être un moyen de gommer les différences sociales et de religion. Mme DH aime regarder son interlocuteur tout en fronçant les yeux, histoire de bien faire remarquer (et par là même, déstabiliser la personne qui parle)  qu’elle a du mal, elle, cette montagne de savoir et de culture à déchiffrer les inepties tenues par l’orateur, incarnation par excellence selon elle du vulgaire de Descartes ou de Spinoza. Bref, l’attitude classique de l’intello de salon frustrée et austère dont l’estime de soi pousse son narcissisme vers les plus hautes altitudes. « Nom de Dieu ! Je la tiens ma victoire », pense Mme DH !  « De la blouse à l’uniforme, il n’y a qu’un pas ! Et regardez, au Japon, les uniformes dans les écoles ressemblent aux uniformes nazis ! On voit où cela nous conduit ! » J’imagine sa fierté à ce moment-là, j’aurais aimé lui apporter un miroir pour qu’elle puisse s’admirer et satisfaire son ego. Les regards des membres du public en disent long. Les sourires et moqueries fusent de partout. Trop fière d’elle, elle ne remarque rien.

Plus tard elle remettra en cause le principe même du café/débat. Après avoir demandé à Frieke quelles étaient les actions de notre association, elle déclarera « mais ça ne sert à rien ce que vous faites ! » En effet, selon elle, il n’y a qu’une chose à faire pour les victimes, c’est porter plainte, qu’elles le veuillent ou non. Bref des propos qui peuvent inquiéter sérieusement  pour d’éventuelles victimes susceptibles de prendre la parole lors d’un café. Oui monsieur, oui madame, cette personne devrait porter la même mention que nos paquets de cigarettes « écouter Mme DH peut tuer » ou encore « Mme DH nuit à votre entourage ».

Mieux vaut en rire même si le pire est à craindre d’une telle personne. Alors, si vous me le permettez je vais finir ce petit pamphlet comme je l’ai commencé, sur le ton de l’humour. Un peu noir, certes.

Finissons par le meilleur. Le propriétaire du café a aussi été témoin des élucubrations décadentes et désordonnées de cette créature venue des confins des ténèbres. A son arrivée elle conteste déjà le fait de devoir prendre une consommation (même si cela n’est pas obligatoire). Mais le clou de la soirée arrive. Un scoop que tous les journalistes et grands reporters du monde vont nous envier. A son arrivée (elle n’est arrivée qu’une fois, pardon chers lecteurs si je me répète), notre Mme DH demande qu’on lui indique le lieu du débat. Saïd, le propriétaire du café  lui indique aimablement le sous-sol. Elle s’y rend et remonte avec une attitude qui pourrait s’exprimer par « qu’elle est cette organisation de m… », elle ajoute « s’agit-il de la porte D ou de la porte H ? ». Saïd, un peu surpris, lui répond qu’il y a une porte, celle qui donne sur la salle et en face, deux autres portes flanquées d’un D pour l’une et d’un H pour l’autre….Un D comme « dames » et un H comme « hommes »…les chiottes quoi !

J’ai beaucoup de plaisir à imaginer que Mme DH (vous comprenez son nom maintenant) ait malgré tout franchi la porte D. Quelle n’aurait pas été alors sa surprise de constater la médiocrité des organisateurs  qui n’auraient prévu qu’un siège pour le public. Même si le papier, quant à lui, n’aurait pas été oublié, quoi qu’il arrive !

En repensant à cette extraordinaire rencontre du troisième type, bien qu’il s’agisse d’une dame, je ne peux m’empêcher de citer un vieux copain que je n’ai jamais connu et dont je vais détourner quelque peu les propos : la nature humaine à sans doute ses raisons que la raison ignore !

 

Patrick Brandebourg

 

 

 

 

 

 

 

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