Sophie Soria Glo - La souffrance au travail

Une fois de plus, je suis chargé d’aller à la rencontre de Madame Soria Glo, notre intervenante qui doit arriver par le TGV de 19h08. Bien évidemment nous ne nous connaissons pas et je n’ai aucune idée de la personne que je vais rencontrer.

J’arrive dans le grand hall de la gare de Metz, magnifique édifice du début XXème, et, premier étonnement, le train est annoncé à l’heure ! Incroyable ! La presse n’en a même pas parlé !

Après quelques minutes d’attente, nous nous retrouvons. Aussitôt Madame Soria Glo me fait part de sa joie de nous rencontrer et de pouvoir s’exprimer ce soir sur un sujet aussi sensible qui, au-delà des souffrances humaines, représente aussi un véritable enjeu de société.

Une fois de plus, notre invitée se montre passionnée et totalement habitée par son action, son métier, son combat.

Comme d’habitude je dépose notre intervenante devant le café avant d’aller garer la voiture un peu plus loin.

J’arrive à mon tour, je pousse la porte du café Jehanne d’Arc et, surprise, je constate la présence de nombreuses personnes. Qui sont ces gens ? Des clients ? Notre public ? Je remarque rapidement quelques fidèles de nos cafés-débats et j’en déduis rapidement qu’il s’agit bien de « notre » public.

Après un rapide repas pris sur place, un dernier café, nous nous dirigeons enfin vers la salle du débat. Le public prend place, plus de 25 personnes. Nous sommes heureux, pour nous et pour l’intervenante qui, comme d’autres auparavant, vient d’assez loin.

Il est environ 20h15 lorsque Frieke ouvre la soirée. Après une courte présentation de l’association et de notre invitée, la parole est laissée à Madame Soria Glo.

Je me garderai bien ici de faire un compte-rendu technique de l’intervention, n’étant pas un spécialiste du problème traité ce soir. Je vous invite pour cela à vous rendre sur le site de SanViolentine afin de mieux découvrir le contenu de ce septième café-débat.

Madame Soria Glo présente sa conférence et commence par décrire les différents types d’harceleurs. Pendant plus d’une heure et demie chaque personne du public va absorber ses paroles. Son discours est dynamique, vivant, et largement illustré d’exemples concrets. Cela ne laisse pas le public indifférent. Certains ne pensaient pas que ce « phénomène » pouvait avoir une telle ampleur, que sous la partie visible de l’iceberg il y avait tant de souffrances et de conséquences.

Des conséquences humaines, certes, mais aussi des conséquences économiques. Comme les problèmes de sécurité à leur époque, les entreprises prennent conscience que les affaires de harcèlement engendrent une perte financière, voire de combativité pour une entreprise. C’est d’ailleurs sur ce terrain là, que le harcèlement dans le monde du travail va probablement être de mieux en mieux reconnu et surtout combattu. 

Arrive l’heure du débat. Le public est très concerné et très participatif. Les questions, les remarques, les témoignages vont durer une heure !

Frieke reprend enfin la parole pour annoncer la fin de ce septième café-débat, il est passé 23h.

Je remarque la satisfaction du public. Je retiens cette phrase lancée par une jeune femme « j’ai beaucoup hésité avant de venir, et finalement je suis très heureuse de l’avoir fait. Cela m’a beaucoup apporté ».

C’est un soulagement de plus. Tout c’est bien passé !

Un dernier café, et chacun s’en retourne continuer sa vie, son combat, avec, peut-être, ce soir, un petit quelque chose en plus.

Pour nous, une action de plus pour vaincre les tabous et enlever un peu de souffrance aux victimes. Ceci est fondamental, même s’il ne s’agit que d’une seconde de souffrance en moins. Graham Greene à dit :

« Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance ».

 

Patrick Brandebourg

 

 

 

 

 

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