Victime d'un prêtre pédophile

Café débat « Le Dire & Agir » le 16.03.2011

Victime de prêtre pédophile

Intervenant Joël Devillet

 

Malheureusement, les virus qui ont attaqué mon ordinateur ont eu raison également de Patrick, notre secrétaire et en même temps mon mari. Les deux ont du être soignés et vont  de nouveau bien.

Suite à l’absence de Patrick à notre café/débat de mercredi 16.03.2011, je voudrais vous donne mes impressions sur cette soirée.

En arrivant au café Jehanne d’Arc, Joël et moi nous nous installons. Il est encore tôt et nous avons tout le temps pour faire connaissance.

Nous papotons pendant un certain temps et nous nous demandons surtout s’il y aura du monde ou pas. Il faut savoir que quelques jours avant son intervention, je lui avais proposé d’annuler l’intervention par peur de ne voir personne dans la salle. Il est de notre devoir en tant qu’association organisatrice de prévenir les intervenants au cas où un nombre très réduit d’inscriptions est enregistré. En effet, un public trop absent risque toujours de décevoir les invités, voire de provoquer un nouveau trauma chez ceux qui dépassent leurs peurs pour venir parler de ce qu’ils ont vécu dans la vie.

Joël a été catégorique, « je viens !  S’il n’y a personne dans la salle, ce n’est pas grave, mais au cas ou il y  aurait ne serait-ce que 2 ou 3 personnes, nous ne pouvons pas les décevoir ». En plus Joël savait que son avocat allait venir accompagné de sa femme.

On discute tranquillement autour d’un verre, quelqu’un s’arrête à mes côtés, je lève les yeux et je vois un de nos fideles membres qui vient juste d’arriver. Si je m’attendais à voir quelqu’un, cela n’était certainement pas lui car d’habitude on se téléphone toujours quelques jours avant un café. La surprise est très agréable et en plus très utile, du coup je l’embauche directement comme photographe de la soirée.

Vers 20h15 nous descendons dans la salle, 4 ou 5 personnes sont présentes. J’ai peur que Joël soit déçu, son avocat n’est toujours pas là. On décide de commencer car plus on attend plus on risque que le peu de monde présent finisse par se lasser et partir.

Je commence l’introduction par les présentations habituelles. Joël prend ensuite la parole et, surprise, son avocat accompagné de son épouse viennent d’arriver. Je suis soulagée pour Joël, je vois sur son visage qu’il est heureux de voir ce nouvel avocat qu’il a engagé depuis quelques mois. Je comprends son soulagement, Joël nous raconte pendant son exposé, ses déboires avec ses précédents avocats. Nous pouvons tous comprendre que la venue de cet avocat en qui Joël à confiance peut être rassurante. Joël continue son exposé, un long récit d’une vie difficile. Il est l’enfant d’une famille plus que modeste, attiré par l’église et ses fidèles, par l’amour qu’il reçoit des prêtres et des bonnes-sœurs. Des choses simples qu’il peut partager avec ces personnes, un bonheur qu’il ne trouve pas dans sa famille. 

L’amour qu’il a ressenti pour ces personnes s’entend encore dans sa voix, cette période fut la meilleure de sa vie. Joël ne connait pas de rancune envers ses parents et sa famille. Par contre sa colère envers certaines personnes de l’église est encore bien présente. Il lui est insupportable qu’une institution comme l’église catholique peut faire autant de dégâts sans prendre ses responsabilités.

Joël raconte, et raconte encore, cherche par moment ses mots, pas facile de venir témoigner devant un public même si il n’y a qu’une dizaine de personnes. Pas facile de déballer ses souffrances, ses doutes, les injustices subies, pourtant Joël ne se décourage pas et continue.

Après plus d’une heure, on sent que le public est encore sous l’emprise des paroles de Joël et a du mal à entamer le débat, pas facile de poser des questions. Heureusement quelques remarques se font entendre ici et là. Joël répond aussi bien que possible.

Un journaliste dans la salle, s’indigne du nombre de personnes présentes dans la salle, et me demande ce que nous faisons pour attirer le public. Nous expliquons, notre vice-présidente qui est également dans la salle et moi-même, que des lettres, des e-mails, des inscriptions sur des sites sont envoyés comme chaque mois. Hélas, les sujets qui attirent le public ne sont pas ceux qui auront le mérite d’être écoutés pour briser des tabous.

Briser les tabous et vaincre le silence, c’est ce que SanViolentine souhaite faire avec les cafés/débats et les émissions radio sur RPL 89.2. Un débat s’installe autour de ce sujet, des propositions sont faites pour déplacer les cafés/débats vers Longwy ou Arlon. Nous analysons le pour et le contre.

SanViolentine termine comme prévu son projet de cafés/débats «  Le Dire & Agir » à Metz en juin. Les moyens financiers obtenus grâces aux subventions pour ce projet arrivent donc aussi à épuisement. Les intervenants ont tous accepté de venir parler sur des sujets différents, sans demander d’honoraires, mais bien évidement les déplacements, hôtels etc. ont été à notre charge, ce qui est normal. Sachant que nous avons eu des personnes de Bretagne, d’Avignon, de Bruxelles, plusieurs personnes de Paris, etc. Les subventions reçues par la Région Lorraine et le mécénat de la Caisse d’Epargne ont tout juste couvert ces frais, ce qui est déjà formidable et nous les en remercions. En revanche, continuer sans certitude de nouveaux soutiens financiers serait un trop grand risque. L’association n’a qu’une toute petite trésorerie et n’est pas capable de supporter des telles sommes sans être aidée.

Nous restons néanmoins ouverts à toutes propositions et continuons la discussion avec ce journaliste et l’avocat de Joël.

Espérons que le combat de SanViolentine, de vouloir briser les tabous et vaincre les silences puisse continuer son chemin.

Comme dit un proverbe arabe :

« Une cause juste ne s'éteint pas tant qu'elle est réclamée par quelqu'un »

 

 

Plus d’informations sur le site de Joël http://www.joeldevillet.com/

 

 

 

 

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