Témoingage d'un Internaute

Né dans une famille problématique et toxique, j’ai été victime de d’inceste 7 à 10 ans. C’était à cet âge que mon agresseur est décédé de mort naturelle. Il m’a fallut très longtemps avant d’écrire mon témoignage.

Tout a commencé sur la place du village lorsqu’un jour, sur un banc public, mon grand père paternel a commencé par nous demander à deux de mes frères et moi-même si nous étions d’accord d’avoir des relations relations sexuelles avec lui. . , il nous rénumérerais, il mettrait de l’argent à la caisse d’épargne pour nos vieux jours, comme il le disait. Je me souviens du long discours que nous avions alors eu et je crois avoir été le premier a donné mon consentement. Bien que j’étais plus proche du « non ». Mon consentement a été donné à la suite d’une leçon scolaire sur la fonction même d’ « un sage » des tribus anciennes, de sa place dans celle-ci et à la confiance que l’on devait lui accorder, de toute sa « sagesse » et de tout le bien être dont il était responsable de donner autour de lui. Ce que je confondais, alors, avec le sage notre famille. Le plus âgé de notre famille, mon grand-père, lui, était un pédophile incestueux et je devais être sa plus jeune victime.  

Je n’ai pas ou plus de souvenir particulier quant à la première fois que cela s’est passé. Ça devait être une fois très probablement comme les neuf autres passages à l’acte que nous devions subir de la part de notre agresseur. Mais à chaque fois, c'était pareil, et bien qu’un de mes frères, Bernard,  à peine plus âgé que moi, lui avait préalablement été « confié » pour son éducation. André (à peine encore plus âgé que Bernard) et moi-même vivions chez nos parents. Tous trois nous retrouvions chez notre grand-père et étions mis à sa disposition, confiés à lui, durant les journées, mais aussi les nuits.

 Ces, soirs et ces nuits là nous étions tous ensembles, dans le même grand lit, les uns aux côtés des autres. Ces soirs là était des soirs de relations sexuelles et de victimisations de ce que l’on pourrait appeler d’actes de « pédophilie douce ». A chaque fois, pour ma part, il s’agissait de voir  André avoir des relations sexuelles avec notre incestueux, de voir des actes qu’alors je ne comprenais pas Non je n’ hurlais pas, je ne disais rien, je tremblais dans mon propre corps d’enfants sans rien dire.

Lors de ces mêmes soirs de « coucheries », d’actes des attouchements envers Bernard m’avait été demandé d’être effectués. Pourquoi l’ai-je fait ? Je n’en sais rien ! Je n’en avais pas envie, rien ne me poussait à le faire, hormis la seule demande de l’abusueur. Dans ces moments là je crois qu’un enfant s’exécute quant à se qui lui est demandé, sans même y réfléchir, sans réfléchir aux conséquences de mes actes, mais aussi sans réfléchir à la culpabilité et la honte dont ces gestes me placeraient à l’avenir.  Au fil des années, j’ai appris ce qu’était l’emprise qu’un enfant pouvait avoir envers son abuseur que j’ai effectué ses gestes.  Il est vrai que j’admirais mon abuseur pour tout ce qu’il m’apportait hors de ces moments de « coucheries » c’était un homme affectueux, et qui, pour moi, prenait soin de moi. Cela à un tel point que je l’avais choisi en tant que mon futur éventuel parrain (je n’ai jamais été baptisé, et ne lui suis toujours pas). Je dois aussi dire que les moments de réelles affections étaient très rares de la part de mes parents.

 Une nuit, alors que notre abuseur était en train d’uriner proche du lit, et que je m’étais réveillé, j’avais vite refermé les yeux par peur qu’il s’en prenne à moi directement.

 Une autre fois, je ne sais plus quand, quel âge j’avais et combien de fois préalables nous avions été victime, lors d’une de ces nombreuses « coucheries », c’est moi-même  qui lui avait demandé de masturber mon agresseur. En fait, mon frère Bernard avait bien plus de jouets que moi dont quelques doigts auraient été suffisants pour les compter, je me disais que si je le faisais, alors, peut-être qu’un cadeau me serait offert. Pour le faire, je voulais me couper de toute sensation et de toute émotion, et que je prendrais comme un geste insignifiant. Deux mots furent dits par mon abuseur… J’en m’étais, dès lors, sorti avec un « choc émotionnel ». Pendant un grand nombre d’années j’ai pu me rappeler de sensation de son pénis dans ma main et de son odeur…. Cela a représenté une grande gêne que j’ai subie pendant un grand nombre d’années.

 Un jour, cependant, alors que mon frère André avait fait un faux pas en embrassant notre abuseur sur la bouche chez nous, ma mère était assez furax de ce geste de la part de mon frère, pour ma part,  je marchais pour aller je ne sais plus où et que j’étais proche de la table de la cuisine, entendant la réaction de ma mère, je suis arrêté quelques instants, j’ai presque faillit dire ce qu’il se passait avec notre abuseur, mais j’avais décidé de garder le silence sur ces abus. Je pensais alors que mes parents ne valaient pas la peine que notre secret soit révélé. Heureux qui sauront faire parler des enfants dans les familles toxiques….

Un matin lorsque notre abuseur sexuel remontait son pantalon, quelqu’un de nous (moi, je crois) lui avait demandé pourquoi il n’avait pas de femme. Sa réponse était qu’il n’en avait pas besoin parce qu’il nous avait « nous ». Avec les années, j’ai appris, j’ai compris, que cette notion allait bien au-delà, et que pendant des années, des dizaines d’années, elle désignait pas mal de personnes au-delà même du cadre familial.

Mon attitude par rapport à ma victimisation ?  Je ne sais plus quel âge je devais alors avoir, mais après que mon frère André se soit fait opéré d’une circoncision de fait qu’il ne pouvait plus uriner convenablement  et que nous partagions le même lit (nous étions des enfants et cela se faisait très courrement à l’époque, de toute façon il n’y avait rien de mal là-dedans) , ben, comment dire, sa pommade sentait très fort sous les draps, je ne lui-même jamais demandé de voir quoique ce soit. Je n’aurais jamais osé le faire. Voilà le genre d’attitude que j’avais hors de ces moments d’agressions sexuelles. A savoir maintenant, s’il n’y avait pas là, déjà, un quelconque refoulement de ma part. ( ?)

Dans mon texte, jusqu’à maintenant, je n’ai pas trop parlé de la toxicité de membres de ma famille, du manque d’affectivité de mes parents dans laquelle, jeune, j’ai été placé. Mais je crois qu’il a aussi été des facteurs déterminants quant au silence que j’ai eu quant à ma victimisation, mais je crois aussi qu’ils ont été des facteurs importants quant au fait même d’avoir été victime.

 Adulte,  où il y a eu « la goutte d’eau de trop » comme on dit, après « un effet déclencheur » par rapport à ce que j’avais vécu étant enfant, après avoir régulièrement mis mes souffrances de côtés comme sur une seconde parallèle à ma vie courante, il m’a été particulièrement difficile de faire face à mon propre traumatisme.  Je ressentais une grande honte, et cela d’autant plus grande encore quant aux actes déplacés que j’avais commis envers Bernard. Pendant longtemps je m’étais dit que si je devais revivre ma vie à l’envers, jamais je n’y arriverais telle la souffrance était là.

Pourtant, il y a maintenant des années, avant que je ne commence à participer aux forums de victimes. j’ai recherché de l’aide auprès de la société, auprès de quidams en disant simplement que j’avais été victime sans entrer dans les détails, les seules réponses que j’obtenais étaient de voir des personnes faisant un pas en arrière, comme si j’étais un pestiféré. Ou d’entendre dire que je serais un futur abuseur sexuel, ou encore certaines autres personnes dire que des cas similaires aux miens, je devais très certainement être un jeune homosexuel lors de mes propres victimisations. Ce sont des vexations, un ajout de souffrance, bien inutiles qui m’ont conduites dans des conditions difficiles où je pensais qu’il fallait que je me débrouille seul.

Mon agresseur étant mort lorsque je n’avais que 10 ans, je n’ai jamais eu le droit de le poursuivre en justice. Jamais pu faire quoique ce soit contre lui, encore: l’aurais-je fait, je n’en sais rien. En tous cas, cela a été un réel manque pour moi car cela m’aurait aidé à mieux déterminer les rôles. De mieux me sentir en tant que victime et que comme en tant que victime. Car pendant longtemps à la vue de la complexité de mon cas, peut-être encore très particulier, longtemps,  je me suis responsabilisé de ma propre victimisation.

 

 

 

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